( 27 novembre, 2019 )

POÈMES

Espoir 2000

Quatre vingt dix neuf prépare sa révérence,

Tandis qu’à l’horizon une lumière renaît

Comme pour annoncer sous nouvelle apparence,

L’arrivée souhaitée d’une curieuse année.

 -

Il faudra noter deux au lieu du chiffre un

Suivi de trois zéros pour signer la peinture

Qui verra les oiseaux s’amuser des embruns,

Jouer avec le vent et leur progéniture.

 -

Il faudra supprimer les vieilles habitudes,

Regarder en avant sans peur de se tromper,

Changer par alchimie l’espoir en certitude,

Courir parmi les jours sans se laisser happer.

 -

Quand tu te poseras, envoyée des étoiles,

Fais attention à toi pour ne pas te blesser,

Et quand tu ôteras le plus beau de tes voiles,

Deux mille, nous serons là, heureux de t’embrasser.

( 18 juillet, 2018 )

J’ai CD AU DESIR !

(Pratiquant la course à pied depuis de nombreuses années, j’ai créé un CD single de 2 chansons titrées

« LA COURSE A PIED » et « ALLEZ, COUREZ »

Elles sont interprétées par Estelle Valentin. Cette réalisation m’a donné  l’idée d’écrire parallèlement le poème ci-après.)

Après bien des années,

Des jours où j’ai courus,

Il vint inopiné

Me dévorant tout cru !..

-

J’ai cédé au désir

Sans qu’il me soit permis

D’hésiter, de choisir,

Au labeur me suis mis…

-

J’ai cédé au désir

De créer deux chansons,

Mêlant sans déplaisir

Les rimes et les sons…

-

J’ai cédé au désir

D’écrire pour les coureurs,

Leur dire que leur loisir

Est loin de toute erreur…

-

J’ai cédé au désir

Comme ça, sans décider,

Et juste pour le plaisir,

La course vit en CD.

( 18 juillet, 2018 )

L’HORLOGE ET LE FACTEUR

L’horloge du village a retenti huit fois,

Et comme il est d’usage il partira bientôt ;

Sa sacoche bouclée il reste le manteau

Puis l’écharpe à nouer pour protéger du froid.

Enfourchant son vélo il suit l’itinéraire,

Dédaignant les « allo ? », ses lettres bien rangées,

Vers tous les habitants fidèle messager

Il sait parler du temps, oubliant son horaire !

-

Mais ce qui l’intéresse le plus en vérité,

C’est surtout l’allégresse éclairant un visage,

La lettre qu’on caresse, signe d’intimité,

Le parfum d’un objet marquant à l’entourage

Que l’auteur du sujet trop loin du paysage

Vient un peu partager de sensibilité.

-

L’horloge du village vient de sonner midi,

On attend son passage aux fermes éloignées ;

Il distribue un pain ou de quoi se soigner,

Il enserre une main, un sourire dédie.

-

Ainsi, le bon facteur puisqu’il s’agit de lui,

Avec les mots du cœur disperse des missives,

Poésies et journaux, colis aux couleurs vives

Placés loin du fourneau sur un meuble qui luit.

-

Lors de sa progression il livre la tendresse,

De par sa profession acteur indispensable

Il tient conversation avec délicatesse ;

-

Espoir plus que témoin par sa nature affable,

Muni de parchemins et quelque bonne fable,

Il reviendra demain, présent à chaque adresse.  

( 18 juillet, 2018 )

MA CHANSON

Je pose quelques mots, ensuite les relie

En dessinant des notes pour les rendre jolis

Leurs consonances teintées d’accents majeurs, mineurs,

Habillent une histoire de peines et de bonheurs.

 -

Je choisis quelques mots et sur eux je m’appuie,

Ils jaillissent de moi mais la source est en lui :

L’esclave s’affranchit en cette liberté,

Les mots et la musique ont su l’y inciter.

 -

Je trace quelques mots portés sous les mesures,

Et je dois conjuguer le passé au futur, 

Imaginer des rimes plaisantes à entendre,

Ajouter un soupir, voir ce qui peut surprendre.

                      -           

Je joue sur quelques mots à marier aux croches,

Aux noires, à l’harmonie, fuyant les anicroches ;

Une fois rassemblés les quatrains et les sons,

Je laisse enfin le temps emmener ma chanson…. 

( 18 juillet, 2018 )

RÊVE ENSORCELEUR

Rêve, quand tu toquais

Aux portes de mon sommeil,

C’était pour évoquer

Tant de couleurs vermeil.

                         -                          

Rêve, pourquoi, pourquoi

Ces nombreuses visites ?

Alors que j’étais coi,

Maintenant tu hésites.

 -

Rêve, à trop te croire

Tu m’as fait espérer

Que dans un beau miroir

 Bonheur réfléchirait.

 -

Rêve, tu m’as quitté,

Ainsi tu as osé

Venir me déserter

Pour plus loin te poser.

-

Rêve ensorceleur,

Tu t’es joué de moi,

 De ces moments de leurre

 Il me reste l’émoi. 

( 18 juillet, 2018 )

LA MAGIE PAR LA PLUME

Comment a t’il pu vivre ainsi.

De lire, écrire, il s’est exclu.

Ignorant les pages noircies,

Il se retrouve seul, reclus. 

La fioriture et l’élégance 

Des signes en des lignes rangées

Offertes, posées sans arrogance,

Lui sont d’un aspect étranger.

                                     -                                   

Inventer, rédiger une lettre,

Cela, il ne l’a jamais su.

Adulte, il n’ose plus paraître,

Honteux, s’est tant de fois déçu.

Pensif, cloîtré sur son îlot,

Il rêve à dessiner des mots

Qui crissent sous la plume du stylo,

Et éblouissent, tels des émaux.

Jailli de l’âme, un espoir naît,

Criant, il voudrait caresser

La feuille qu’il n’aurait pas cornée,

Et saurait lire, bouleversé.

La victoire se doit mériter,

Les autres savent, il peut aussi,

Elève plein de ténacité,

L’ horizon s’ouvre et s’éclaircit.

                                     -                                       

Dès lors, le bonheur de l’auteur

Ne lui sera plus interdit.

Changé en scribe ou en lecteur,

Il aidera les sans-abri.

Il n’est jamais  tard pour apprendre,

Ecrire et lire, persévérer,

Communiquer et mieux comprendre

 Quand l’homme se sent considéré…

( 18 juillet, 2018 )

VINGT ANS

C’est extraordinaire,

Tu fêtes tes vingt ans,

Et cet anniversaire

Cligne de l’œil au temps,

-

Au temps où tes risettes

Dans nos cœurs chaviraient,

Parfumant la recette

D’un plat qu’on préparait.

-

Vingt ans ! Je me rappelle

Il n’y a pas si longtemps,

Avec ton seau, ta pelle

Ton petit air content,

-

Vingt ans ! Voilà vingt ans,

Tu prenais un départ,

Ta place bien à part,

Un beau jour de printemps.

( 18 juillet, 2018 )

J’AI VU DES PAYSAGES

J’ai vu des paysages

 Pendant que ravinait

 Le temps sur mon visage

Et sur mes mains tannées,

-

J’ai vu des paysages

Qui parlaient sans les mots

D’innombrables voyages

Du fond de mon hameau

-

 J‘ai vu des paysages

Par ton regard si doux

Présent à tous les âges

Des grands froids aux redoux,

-

J‘ai vu des paysages

Sans l’aide des transport

Ignorant les usages

Pour me conduire au port…

( 18 juillet, 2018 )

LE BONHEUR

Que j’aime imaginer

Tous ces gens qui travaillent

Quand dans mon lit je baille

Et prends mon déjeuner,

Que j’aime à contempler

Le monde qui s’agite

Pendant que dans mon gîte

En mon décor me plais,

 -

Que j’aime à regarder

Mes mains lisses et blanches,

Habiles à flemmarder,

Dédiées aux Dimanches,

 -

Que j’aime c’est si bon

Faire l’amour à ma femme

Quand trop de chefaillons

Donnent des ordres infâmes.

( 18 juillet, 2018 )

MA, MA…

Je l’ai contemplée à midi,

La convoitant je me suis dit

Avant de la déshabiller :

Elle va encore m’émerveiller.

 -

Je l’ai caressée doucement

A la manière du vieil amant

Jouant à bien prendre son temps

Pour chaque jour vibrer autant.

 -

J’ai quémandé son réconfort,

Goûtant après tous mes efforts

A sa chaleur incomparable

Et ses parfums inénarrables.

Je l’ai aimée loin du logis

En lui confiant mes ennuis ;

Au fond, elle est ma seule amie

Pour me donner de l’énergie,

 -

Ma, ma…

Ma gamelle …

( 18 juillet, 2018 )

LE METRO

Si l’on prend le métro, le monde d’un coup bascule,

En sautant un niveau bien des vies se bousculent ;

Dans les compartiments c’est un peu Carnaval,

Visages avenants ou nez dans le journal…

Si l’on prend le métro, on gagne sur l’autobus

Et même sur les autos et le beau batobus ;

C’est étrange, il dérange, nous arrange, on s’y range,

Avec la carte orange sous phalanges, en échange…

Si l’on prend le métro, gommées les différences,

Un peu comme au bistrot, chacun s’offre une chance

Quand on est un peu trop, pour trouver une place ;

Si l’on prend le métro, égalité des classes…

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